Julia Cagé

  • Libres et égaux en voix

    Julia Cagé

    • Fayard
    • 30 Septembre 2020

    La démocratie n'existe pas. Elle reste à inventer.
    Loin d'être un refus de la politique, la crise actuelle de la démocratie représentative se manifeste par le combat de citoyens demandant davantage de démocratie, de participation et d'égalité. 
    Libres et égaux en voix propose ainsi de donner une voix et des places à celles et ceux qui en ont été trop longtemps privés  : les femmes, les classes populaires, les minorités. D'abord en repensant notre système électoral et en garantissant la représentation parmi les parlementaires de la réalité de la société. Ensuite en proposant un nouvel équilibre entre la démocratie représentative et un usage raisonné du référendum. Enfin en donnant aux citoyens les moyens de reprendre le contrôle des partis, des médias et de la philanthropie, afin de dessiner un nouvel horizon politique égalitaire.
    En tant que chercheuse et citoyenne, Julia Cagé renouvelle en profondeur la réflexion sur l'égalité politique dans un plaidoyer armé de propositions concrètes pour changer les règles du jeu politique.  Nous pouvons faire mieux que le monde dans lequel nous vivons  ; fini de rêver, voici venu le temps d'agir  !
     
     
    Professeure d'économie à Sciences Po Paris, Julia Cagé est l'autrice de Sauver les médias (Seuil, 2015) et Le prix de la démocratie (Fayard, 2018), qui a reçu le prix Pétrarque de l'essai Le Monde/France Culture.

  • Le prix de la démocratie

    Julia Cagé

    • Fayard
    • 29 Août 2018

    Une personne, une voix  : la démocratie repose sur une promesse d'égalité qui trop souvent vient se fracasser sur le mur de l'argent. Financement des campagnes, dons aux partis politiques, prise de contrôle des médias  : depuis des décennies, le jeu démocratique est de plus en plus capturé par les intérêts privés.
    Se fondant sur une étude inédite des financements politiques privés et publics dans une dizaine de pays sur plus de cinquante ans, Julia Cagé passe au scalpel l'état de la démocratie, décortique les modèles nationaux, et fait le récit des tentatives -  souvent infructueuses, mais toujours instructives  - de régulation des relations entre argent et politique.
    Aux États-Unis, où toute la régulation de la démocratie a été balayée par idéologie, le personnel politique ne répond plus qu'aux préférences des plus favorisés. En France, l'État a mis en place un système de réductions fiscales permettant aux plus riches de se voir rembourser la plus grande partie de leurs dons aux partis politiques, alors que les plus pauvres, eux, paient plein pot.
    Ces dérives ne viennent pas d'un complot savamment orchestré mais de notre manque collectif d'implication. La question du financement de la démocratie n'a jamais véritablement été posée  ; celle de la représentation des classes populaires doit l'être sur un mode plus radical. Pour sortir de l'impasse, voici des propositions qui révolutionnent la façon de penser la politique, des réformes innovantes pour une démocratie retrouvée.
     
    Ancienne élève de l'Ecole normale supérieure et de l'Université Harvard, Julia Cagé est professeure d'économie à Sciences Po Paris. Elle a publié Sauver les médias. Capitalisme, financement participatif et démocratie (Le Seuil, 2015).

  • Les médias sont en crise. Pas seulement la presse écrite, mais toute la chaîne de production de l'information. Confrontés à une concurrence croissante et à une baisse inexorable des recettes publicitaires, les journaux, les radios, les télévisions, les pure players sont tous à la recherche d'un nouveau modèle. Fondé sur une étude inédite des médias en Europe et aux États-Unis, ce livre propose de créer un nouveau statut de « société de média à but non lucratif », intermédiaire entre le statut de fondation et celui de société par actions. Ce statut permettrait d'oeuvrer pour des médias indépendants des actionnaires extérieurs, des annonceurs et des pouvoirs publics, mais dépendants de leurs lecteurs, de leurs salariés et des internautes. Il s'agit d'un modèle économique adapté à la révolution numérique et aux enjeux du XXIe siècle. Le débat est ouvert : il en va, tout simplement, de l'avenir de notre démocratie.Normalienne, titulaire d'un doctorat de l'université de Harvard, Julia Cagé est professeur d'économie à Sciences Po Paris. Elle est également membre de la Commission économique de la nation.

  • L'information est un bien public ; refonder la propriété des médias Nouv.

    Le paysage médiatique n'a jamais été aussi bousculé : du Nouveau magazine littéraire à Sciences et Avenir, de Grazia à Science et Vie, de Libération aux Cahiers du cinéma en passant Konbini, L'Équipe, Le Parisien ou encore BFM TV, au cours des derniers mois, pas une semaine ne s'est écoulée sans qu'une annonce de fermeture, de plan social, de réduction d'effectifs ou de changement de main ne vienne bouleverser les médias, en France comme à l'étranger.
    Dans le même temps est apparue une nouvelle sorte de martingale : la fondation, innovation qui permettrait de résoudre toutes les difficultés auxquelles les médias sont aujourd'hui confrontés. Or les motivations qui se cachent derrière ce modèle à la mode ne sont pas toutes à chercher du côté de l'indépendance et de la pérennité : les grands médias ont été rachetés au cours des dernières années par des actionnaires industriels qui les financent en partie à perte, et voient dans cette solution une source non négligeable d'avantages fiscaux - et d'image de marque - tout en gardant l'intégralité du pouvoir de décision.
    Parce que l'information est un bien public et que l'indépendance des journalistes est indispensable au bon fonctionnement de nos démocraties, il est urgent de faire la lumière sur le fonctionnement de ces nouveaux modèles, d'étudier dans le détail la manière dont fonctionnent dans le secteur des médias une société par action, une coopérative, une association ou encore une fondation - afin de faire, ensemble, des choix éclairés.
    Ce livre, écrit à quatre mains par une économiste et un juriste, vise à décortiquer les expériences françaises et internationales et à en tirer les leçons pour les prochaines années en proposant un modèle idéal de gouvernance et d'actionnariat des médias.

  • Le développement de l'information sur internet conduit-il au règne du copié-collé, au détriment de l'information de qualité? Peut-on inventer de nouveaux modèles économiques pour les médias permettant de tirer le meilleur parti des nouvelles technologies?
    Ce travail de recherche inédit tente d'apporter de nouvelles réponses à ces questions, en conjuguant les outils du «big data», du «machine learning» et de l'économie. Il se base sur la construction et l'analyse d'une base de données unique en son genre: l'intégralité du contenu produit en ligne par les médias d'information en France sur une année (2013), qu'il s'agisse de la presse écrite, de la télévision, de la radio, des pure internet players ou encore de l'AFP.
    Nous combinons ainsi pour la première fois plusieurs millions de documents avec d'une part les caractéristiques humaines et économiques des différents médias en particulier la taille de leur rédaction et d'autre part avec des données d'audience des différents sites, permettant d'analyser dans quelle mesure les citoyens adaptent leur consommation sur internet à l'originalité des contenus produits.
    En appliquant notre algorithme de détection de copie, nous montrons que, dans le cas des actualités chaudes, 64% de l'information publiée en ligne correspond à du copié-collé pur et simple (sans même prendre en compte les reformulations), un niveau d'homogénéité insoupçonné. Les copies ainsi détectées vont souvent au-delà de l'exception de «courte citation» autorisée par la loi et omettent le plus souvent les procédures réglementaires de citations et de crédits.
    Or le recours croissant au copié-collé combiné à une vitesse de propagation extrêmement élevée de l'information en ligne un quart des événements se propagent en moins de 4 minutes risque de tuer à termes les incitations des médias à produire de l'information originale. Nous montrons ainsi que les médias n'arrivent plus à monétiser cette information si coûteuse à produire.
    Au-delà de ces constats, le livre souligne et quantifie les risques pour l'information et la démocratie associés à l'accélération de la baisse de la taille des rédactions. Il passe en revue les différentes solutions: une application plus stricte du droit d'auteur sur internet; la mise en place de murs payants; la syndication de contenu et la mutualisation des coûts de production de l'information; le soutien public transmedia à la production d'information; ou encore de nouvelles formes juridiques pour les médias.
    Surtout, il souligne la nécessité de repenser entièrement les systèmes de régulation existants des médias. Cette régulation se fait aujourd'hui par support; elle doit être adoptée au XXIesiècle, c'est-à-dire transmedia. Internet est une chance unique de mieux informer les citoyens; n'en faisons pas le tombeau de l'information.

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