Patrick Fournier

  • « Pratique du traduire » est le titre d'un séminaire qui fait suite aux séminaires « Théorie » et « Critique du Traduire ». La distinction radicale entre les trois est évidemment partiellement factice, mais il fallait à la fois nommer chacun de ces séminaires et souligner une sorte de progression (souhaitée et souhaitable) dans l'apprentissage du métier de traducteur­-traduisant, une fois admis que ce métier exigeait une formation : d'abord se familiariser avec la problématique (on ne traduit pas une langue, mais une littérature en langue ; la littérature traduite doit conserver en français ses caractéristiques, nous ne sommes pas là pour produire du bon français fluide), ensuite apprendre à lire des textes traduits en tant que textes traduits (ce que ne fait presque jamais la critique), enfin, sur la base de traductions existantes, écrire. Dans tous les cas, et c'est l'aspect le plus déroutant de la méthode pratiquée à l'Inalco et l'École de traduction littéraire du CNL, on travaillera sur diverses langues, indépendamment du savoir des apprenants. Il n'est pas nécessaire de connaître chaque langue pour savoir lire et corriger (modestement) un texte traduit. Il faut et il suffit de le traiter en tant que texte traduit, quels qu'aient été les choix du traducteur, même si son objectif - hélas trop fréquent encore - était de gommer ou d'effacer l'acte de traduire. Ce livre ou manuel, est le résultat d'une posture de traducteurs, c'est­à­dire le résultat des réflexions croisées de traducteurs enseignants d'une part, d'autre part le désir de faire des participants au séminaire, à leur tour, des traduisants. Ces réflexions sur des pratiques (que les champs littéraires embrasses peuvent rendre très hétérogènes) ne nous ont pas conduit à proposer un catalogue de réponses, de trucs et astuces ou une boite à outils. Il s'agit d'une série de questionnements soulevés par la pratique des textes (le traducteur est, avec l'auteur, le seul à connaitre le livre mot à mot), destinés à aiguiser un regard, une attitude. Le futur traducteur sera donc appelé à développer une démarche proche sur la base d'enquêtes collectives. Rien ne serait plus éloigné de notre pensée que d'imaginer en arriver à une solution unique. Mais nous nous refusons tout autant à en inférer que tout est relatif, tout est équivalent, que toutes les solutions se valent. Les solutions acceptables sont celles qu'aura dicté le texte à traduire.

  • La responsabilité civile peut être définie au regard de son effet caractéristique : elle engendre l'obligation, pour le responsable, de réparer le dommage qu'il a indûment causé à autrui.
    Tantôt ce dommage résulte de l'inexécution d'une obligation née d'un contrat - on parle alors de la responsabilité civile contractuelle -, tantôt il procède d'un fait juridique, qui peut avoir été commis avec la volonté de causer le dommage ou sans une telle volonté - on parle alors de la responsabilité civile délictuelle, et quasidélictuelle dans le second cas.
    Créé par le doyen Patrick Maistre du Chambon, l'ouvrage expose les règles essentielles de la responsabilité civile délictuelle et dresse une image de l'ensemble de la matière, en tentant d'en faire apparaître la structure et la logique interne. Cette nouvelle édition, augmentée et mise à jour par Stéphanie Fournier, reste guidée par la volonté de limiter le nombre des références, mais s'efforce néanmoins de rendre compte de l'évolution législative et jurisprudentielle la plus récente.
    De façon synthétique, les données essentielles sont présentées, donnant aux étudiants de niveau licence les bases de la responsabilité civile délictuelle et leur permettant de se préparer aux examens.

  • En matière d´hygiène et de santé, la période qui s´étend des années 1770 jusqu´aux lendemains de la Première Guerre mondiale marque une véritable révolution. À côté de « victoires » restées célèbres comme les vaccinations contre la rage et contre la variole, on assiste à une première médicalisation de la société. Partout en Europe, dans un contexte de plus en plus urbain et industriel, un système d´acteurs se met en place. Il inclut des professionnels plus nombreux, mieux formés, les pouvoirs publics ou les initiatives privées et des individus dont le rapport au corps et à la santé se modifie considérablement. Une époque d´indéniables progrès qui ne doit pas empêcher de prendre en compte les limites des combats hygiénistes, grâce à une synthèse inédite de travaux récents menés sur les problèmes de l´eau, des pollutions urbaines ou des maladies professionnelles. Destiné aux étudiants en histoire ou à tous ceux qui s´intéressent à l´histoire de la médecine et des soins, le présent ouvrage combine le récit chronologique avec de nombreuses approches thématiques. Il intègre également la dimension internationale de la circulation des hommes et des pratiques, car elle réside au coeur de la genèse des systèmes de santé modernes.

  • Cet ouvrage apporte un éclairage original à l´enseignement et l´apprentissage de la technologie dans le contexte des programmes du primaire, du secondaire, du collégial et de l´universitaire, qui sont à caractère technologique. Les parents et les curieux, tout autant que les pédagogues, y trouveront plein d´astuces, entre autres, pour «réinventer la roue» au primaire ou pour utiliser des robots à des fins pédagogiques.
    Il constitue en quelque sorte une suite logique à un premier ouvrage sur l´enseignement des sciences intitulé Regards multiples sur l´enseignement des sciences et dans lequel de nombreux acteurs du monde de l´enseignement des sciences avaient aussi accepté de partager leurs points de vue sur cet enjeu crucial.

  • À première vue l'humour et la mort ne présentent pas de points de rencontre. Comment peut-on rire d'un évènement aussi tragique que la disparition de soi ou d'êtres chers? Les modalités complexes du deuil, les affects de tristesse et de chagrin suggèrent qu'un décès s'accompagne d'émotions fortes qui ne laissent que peu de place à la légèreté et à la plaisanterie. À l'inverse, l'humour peut être source de réactions extrêmes pouvant aller jusqu'à la violence et au meurtre. L'exemple des caricatures de Charlie Hebdo, et de la fusillade qui a suivi, que la raillerie, montre que l'ironie et la satire ne sont pas appréciées quand elles s'attaquent à des sujets porteurs de valeurs considérées comme absolues.

    Les relations entre ces deux ordres, mort et humour, n'ont pas encore fait l'objet d'une réflexion critique et empirique et, dans cette perspective, ce numéro de la revue Frontières vise à aborder cette problématique à partir d'un point de vue interdisciplinaire.

    Divers angles sont privilégiés : la place de l'humour et de la dérision :

    1. Dans le champ politique, social et éthique,

    2. Dans la littérature, le cinéma et l'art contemporains,

    3. Dans le cyberespace,

    4. Dans l'intervention auprès des mourants et de leur entourage.

    Cette analyse multidimensionnelle permet de croiser les points de vue et de proposer de nouvelles pistes de recherche et de réflexion dans un domaine qui demande à être défriché de façon plus approfondie et ce, dans un contexte socioculturel où ce questionnement apparait comme essentiel puisqu'il soulève les enjeux entourant la liberté d'expression et ses limites.

  • Fréquemment assimilé aux politiques publiques qui ont accompagné la reconstruction postérieure à la Seconde Guerre mondiale, l'aménagement du territoire tel qu'on le concevait alors visait la modernisation du pays. Il était pensé comme facteur de progrès a priori et reposait sur une conception techniciste qui voyait dans des ingénieurs les seules autorités compétentes, excluant l'expérience des populations. Les nuisances et les bouleversements de tous ordres induits par les aménagements étaient considérés comme négligeables, le prix à payer dans l'intérêt général. Leur contestation ne pouvait être motivée que par l'ignorance ou l'égoïsme. Les dix-neuf contributions réunies dans ce livre proposent une vision nouvelle des aménagements territoriaux. Pensant les territoires comme des champs de négociation où s'affrontent des forces variées, elles cherchent à inclure dans l'étude de leur aménagement la façon dont l'environnement, que les sociétés cherchent à maîtriser et à mettre au service de leurs desseins, réagit à son tour à la transformation imposée. Considérant des aménagements effectués à toutes les périodes de l'histoire, elles cherchent à identifier leur impact économique, social, environnemental ou même culturel, y compris sur le long terme. Une tentative ambitieuse, tant il est vrai que même lorsque les aménagements passés sont identifiés comme des échecs, voire comme des réalisations néfastes, par leurs auteurs eux-mêmes, il est bien rare que cela soit exprimé publiquement.

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