Editions Champ Vallon

  • Dans la seconde moitié du XXe siècle, les sociétés humaines ont vécu une double transition : vers un mode de vie et un environnement sans cesse plus urbanisés, et vers une prise en compte accrue de l'impact environnemental de leurs activités.

    A partir des années 1970, les deux phénomènes se sont nourris mutuellement, suscitant une multitude d'initiatives pour défendre des espaces « naturels », ou lutter contre la pollution industrielle ou automobile. Une enquête collective menée dans les agglomérations de Lyon et de Grenoble, mais aussi au niveau des politiques nationales, restitue la richesse d'innovation sociale de cette époque, les bouleversements subis par les territoires urbanisés, et apporte une profondeur historique indispensable à la réflexion sur la situation contemporaine.

    Stéphane Frioux est maître de conférences en histoire contemporaine à l'université Lyon 2 et membre du Laboratoire de recherche historique Rhône-Alpes (UMR CNRS 5190 LARHRA). Il a coordonné le projet de recherche TRANSENVIR.

  • Ce livre traite de l'histoire des « communs » en France et dans l'Empire colonial français du XVIIe au XXIe siècle. Les « communs » sont la forme que prend, historiquement, la gestion collective des ressources et des environnements par les communautés locales : pâturages et forêts, zones humides, cours d'eau, zones de pêche... Ils ont représenté, sur le long terme, un pan essentiel de la vie des sociétés et des écosystèmes, ne relevant ni de la propriété privée, ni d'une gestion par l'État. Ce modèle des « communs » est aujourd'hui promu partout pour faire face aux défis de la crise environnementale. Ce livre en propose la première analyse historique d'ampleur pour la France et ses colonies, afin éclairer d'un nouveau regard, et l'histoire de nos sociétés et leurs futurs possibles.

    Fabien Locher est historien au CNRS. Il travaille sur l'histoire environnementale des mondes contemporains, et notamment sur l'histoire longue du changement climatique, sur les liens entre écologie et propriété et sur l'exploitation des océans. Il a récemment publié Posséder la nature. Environnement et propriété dans l'histoire (2018) (avec F. Graber) et il prépare un livre à paraître au Seuil sous le titre Les révoltes du ciel. Une autre histoire du changement climatique (avec J.B. Fressoz).

  • Ce livre est une histoire du jardin zoologique à travers celle de la ménagerie du Jardin des Plantes de Paris, des zoos de Londres et d'Anvers, depuis leur fondation. Ecrite du côté des animaux, sans perdre des yeux les humains qui font et défont l'institution, il dit le poids de l'emprise dans les cages et au-delà, puisque le zoo dessine des réseaux tentaculaires de capture, puis, à partir du XXe siècle, une mainmise conservationniste, enfermant les animaux au nom de leur protection. Depuis le zoo-microcosme, l'ouvrage dessine l'histoire d'institutions puissantes - zoos, organisations élitaires de protection animale et de conservation de la faune - qui contraignent ceux qu'elles disent protéger, et celle d'animaux et d'humains qui résistent et luttent pour ouvrir d'autres possibles.

    Violette Pouillard, docteure en histoire (Université libre de Bruxelles-Université Jean Moulin-Lyon 3) puis postdoctorante à l'Université d'Oxford (Wiener-Anspach postdoctoral fellowship), est actuellement assistante à l'Université de Gand, où elle poursuit ses recherches sur les dynamiques de pouvoir associant humains et non humains, tout en donnant cours d'histoire de l'environnement.

  • Cet ouvrage de synthèse étudie les villes françaises depuis le xviie siècle sous un angle innovant qui est celui de leur nature végétale : parcs et jardins, certes, mais aussi plantes « hors-sol » qui circulent dans l'espace urbain (légumes, fleurs coupées, déchets végétaux, etc.). Il s'agit de montrer que la ville n'est pas que minérale et artificialisée et qu'au contraire le végétal en irrigue les artères, même si cette présence a fluctué au fil du temps, en quantité comme en qualité. L'ouvrage s'attache d'abord à comprendre comment, par qui et au prix de quelles contraintes la nature s'installe dans la ville. Puis il étudie les différents usages qui en sont faits : théâtre des hiérarchies sociales, lieu d'urbanité ou d'ensauvagement, production économique, objet d'étude savante, etc.

    Normaliens, agrégés et docteurs en histoire, Charles-François Mathis est Maître de Conférences en histoire contemporaine à l'Université Bordeaux Montaigne et Émilie-Anne Pépy est Maître de Conférences en histoire moderne à l'Université Savoie Mont Blanc. Mathis est notamment l'auteur de In Nature We Trust. Les paysages anglais à l'ère industrielle (PUPS, 2010), quant à Pépy elle a publié Montagne sacrée, montagne profane. Le territoire de la Grande Chartreuse, XVIe - XVIIIe siècles (PUG, 2011).

  • L'humanité doit-elle se préparer à vivre sur une planète de moins en moins habitable ? Comment adapter l'équipement intellectuel collectif pour éviter cette situation ? Et pourquoi pas en recourant à la science-fiction et à son potentiel imaginaire ?
    Dans la masse de récits et de représentations qu'elle offre, on peut trouver des ouvertures inspirantes, aidant à réfléchir, éthiquement et politiquement, sur les manières pour une collectivité de prendre en charge les défis écologiques.
    La science-fiction, au-delà du découragement ou du sursaut de conscience qu'elle est censée susciter, offre à la réflexion , en plus d'un réservoir imaginaire, un support de connaissance qui est susceptible de nous aider à habiter les mondes en préparation. Et à avancer vers une autre éthique du futur...

    Yannick Rumpala, maître de conférences (HDR) à l'Université de Nice, est membre de l'Equipe de Recherche sur les Mutations de l'Europe et de ses Sociétés (ERMES).Il appartient au comité scientifique de Res Futurae, revue d'études sur la science-fiction. Il a publié notamment Développement durable ou le gouvernement du changement total, Le Bord de l'eau, collection « Diagnostics », 2010. Il est l'auteur de nombreux articles et a participé à plusieurs ouvrages collectifs.

  • La thèse de ce livre est forte: la colonisation française de l'Afrique du Nord aurait donné naissance à un grand récit du changement environnemental qui se révéla une arme aussi efficace que les lois et les rapports de force économiques pour déposséder les indigènes algériens de leurs terres.
    Affirmant que l'Afrique du Nord aurait été le grenier à blé de Rome jusqu'aux invasions arabes du XIIe siècle, marquant l'introduction du nomadisme, de l'élevage et des destructions environnementales, ce grand récit environnemental décliniste a légitimé la colonisation française à travers son entreprise de restauration de la prospérité de la nature. Abon­dam­ment et intelligemment diffusé par le lobby du reboisement, il fut repris en littérature, en peinture, dans les manuels scolaires, sans que personne ne sache exactement comment et par qui avait été élaboré ce thème du pays de la soif. Justifié à l'époque par la science écologique et forestière, il s'est depuis avéré sans fondements scientifiques réels et peu adapté à un environnement méditerranéen fragile, où les périodes d'abondances alternent avec le repos forcé dû à l'épuisement des terres. Pourtant, et Diana Davis le démontre, il a perduré sous d'autres formes jusqu'à aujourd'hui.

  • Guerres mondiales, essor et chute du communisme, diffusion de la démocratie : voici les événements qui forment l'histoire habituelle du XXe siècle. Mais, durant ce siècle, l'impact des hommes sur l'atmosphère, l'eau, le sol et la biosphère a atteint une intensité sans précédent. Comme l'écrit J.R. McNeill dans ce livre important, avec le recul, le changement environnemental apparaîtra comme le phénomène le plus important de l'histoire du siècle.
    A partir d'une présentation passionnante, qui mélange anecdotes, données et analyses éclairantes, McNeill nous propose le premier récit complet de « l'expérience gigantesque et incontrôlée menée sur la terre » par l'espèce humaine au XXe siècle. Ce livre est rien moins qu'une réécriture de la vision de l'histoire communément admise : Thomas Midgley, l'inventeur de l'essence au plomb et du premier gaz CFC, devient un des premiers personnages du siècle, devant les acteurs de deux guerres mondiales.

  • Protéger l'environnement est devenu un impératif incontournable des politiques publiques et un enjeu central des débats de société. Mais on oublie trop souvent l'ancienneté des actions de protection dont l'environnement a fait l'objet et la complexité des questionnements qu'elles ont soulevés à travers le temps. C'est cette lacune que le présent ouvrage entend combler : en s'interrogeant plus précisément sur les spécificités historiques de la protection de l'environnement en France et dans ses colonies depuis deux siècles, il entend offrir le recul nécessaire pour mieux comprendre les enjeux d'aujourd'hui. Y a-t-il une singularité des parcs nationaux ou régionaux français ? La France a-t-elle influencé ses partenaires européens dans leurs politiques environnementales, ou est-ce l'inverse ? Quel rapport les Français entretiennent-ils historiquement avec leur environnement ? La religion, l'éducation ont-elles établi un lien spécifique qui nous différencie de nos voisins ? A travers des exemples aussi diversifiés que la protection des oiseaux, du loup, des cours d'eau, la lutte contre les pluies acides, l'établissement des parcs ou de la réserve de Camargue, cet ouvrage propose, pour la première fois depuis vingt ans, un état des lieux de la connaissance historique sur le sujet. Charles-François Mathis, normalien, agrégé et docteur en histoire, enseigne à l'Université Paris-Sorbonne. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages, dont In Nature We Trust. Les paysages anglais à l'ère industrielle (PUPS, 2010). Jean-François Mouhot est docteur en histoire, Marie Curie Fellow à l'Université de Georgetown et à l'École des Hautes Études en Sciences Sociales à Paris. Il est l'auteur de plusieurs autres ouvrages, dont Des esclaves énergétiques : réflexions sur le changement climatique (Champ Vallon).

  • L'environnement est de plus en plus médiatisé dans la société française contemporaine. Pour autant un hiatus existe entre cette présence médiatique et la place qu'il occupe dans les sciences humaines et sociales en France. En effet, seul un petit nombre de chercheurs, sociologues, politistes, juristes, historiens, pour certains engagés, ont fait de la question environnementale leur thème de prédilection sans  toutefois réussir à mobiliser leurs communautés respectives.La résistance des sciences sociales à se saisir de cette question  apparaît comme une spécificité française liée aux préjugés scientifiques, aux découpages institutionnels et aux conflits disciplinaires. L'environnement y est considéré comme un domaine relevant des sciences biologiques, climatiques, écologiques, géomorphologiques  et non comme celui des sciences sociales.  Ces raisons expliquent en partie sa relégation au rang d'objet périphérique. Rien de tel dans les pays anglo-saxons  où l'environnement dans les sciences sociales occupe une place majeure comme processus dynamique d'interaction entre des facteurs naturels et sociaux  Cet ouvrage explore les causes à l'origine de cette relégation de l'environnement en France et les difficultés à faire valoir son existence dans la recherche sociologique et dans l'espace public. Ses auteurs pénètrent dans les arcanes de la construction sociale et politique de l'environnement, fouillant les coulisses de la recherche, des ministères et des  grands corps d'Etat pour comprendre  ce particularisme français et les conséquences  cognitives et pratiques qui en découlent. Unique en son genre, ce livre est un outil de travail indispensable à tous ceux, étudiants, chercheurs, experts, décideurs.qui s'interrogent sur les relations entre Société, Politique et Environnement.

  • « Tu sais comme est belle l'eau qui baigne les rivages de France, tu la regardes volontiers au ras des plages ou bien, en surplomb, du haut de falaises prodigieuses. Caps, criques, baies, lagunes, dunes, horizon, tu aimes la lumière, le vent, le scintillement et l'écume. Près de la mer ont poussé des maisons, des immeubles, des ports de plaisance et des raffineries de pétrole. Comment conserver la beauté du monde dans un pays moderne ? »
    Odile Marcel évoque dans cette promenade littéraire très personnelle l'invention du Conservatoire du littoral, en 1975. Elle raconte son travail, depuis trente-sept ans, pour obtenir la protection de près de sept cents sites « pour tous et pour toujours ».
    En racontant plus particulièrement les histoires, heureuses et mouvementées, de neuf sites sur les rivages de l'hexagone et d'outre-mer (la Guyane, L'anse de Paupilles, le Domaine de Rayol, Agriate, l'abbaye de Beauport...), elle décrit la mission du Conservatoire, une initiative institutionnelle originale qui oeuvre à construire un accord entre les propriétaires, les habitants et les élus. Une telle démarche a permis de protéger déjà plus du dixième des littoraux en France, illustrant la persistante capacité des citoyens à instituer le territoire en bien commun, à le tenir pour une ressource à partager dans le respect de la part qui doit rester à la nature.
    Comme si les hommes, autour de bonnes lois et par des processus de fortes concertations, savaient trouver en eux le ressort pour s'entendre afin de favoriser la durée des choses...

  • Ce livre se propose d'introduire dans le débat intellectuel français l'un des champs de recherche les plus novateurs de ces dernières années : l'histoire environnementale, dont la portée dépasse largement les frontières de la discipline historique, pour s'adresser à l'ensemble des sciences sociales et humaines, mais aussi des sciences de la nature, des sciences de la vie et des sciences exactes. Les défis environnementaux qui engagent le futur de nos sociétés ont contribué à décloisonner cette discipline, dont les approches ne sont plus aujourd'hui l'apanage des seuls historiens mais des questions partagées par tous : comment en sommes-nous arrivés là et de quelle manière les différentes sociétés humaines sont-elles caractérisées

  • La France vert clair est le récit captivant de la constitution en France dès les années 60 d'une société vert clair, alliant à la fois modernité technologique et considérations environnementales. La teinte vert clair évoque non seulement la modération, les compromis et les demi-mesures, mais aussi l'ambiguïté profonde qui a caractérisé la réception des idées écologiques par les citoyens français. En parallèle au développement effréné des Trente Glorieuses, destiné à rattraper un retard rendu responsable de la défaite en 1940, on assiste en France à la montée en puissance des idées et des mouvements écologistes, très critiques à l'égard de la société technologique. De la rencontre de ces deux forces opposées est née la société hybride « vert clair », symbole de l'impossibilité de l'une ou l'autre des deux forces de dominer totalement l'autre, et résultat d'une longue suite de compromis. L'ouvrage offre ainsi le premier panorama de l'histoire de l'écologie politique dans la France de l'après-guerre et des forces qui l'ont structurée. Cet ouvrage a reçu le Prix G.P. Marsh de l'American Society for Environnemental History.

  • Ce livre explore les liens historiques et les similarités entre esclavage et utilisation contemporaine des énergies fossiles et montre comment l'histoire peut nous aider à lutter contre le changement climatique. Il décrit d'abord le rôle moteur de la traite dans l'industrialisation au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne, puis explique comment l'abolition de l'esclavage peut être pensée en lien avec l'industrialisation. En multipliant les bras «virtuels», les nouveaux esclaves énergétiques que sont les machines ont en effet progressivement rendu moins nécessaire le recours au travail forcé. L'ouvrage explore ensuite les similarités troublantes entre l'utilisation des énergies fossiles aujourd'hui et l'emploi de la main-d'oeuvre servile hier, et les méthodes utilisées par les abolitionnistes pour parvenir à faire interdire la traite et l'esclavage. Ces méthodes peuvent encore inspirer aujourd'hui l'action politique pour décarboner la société.

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