Religion & Esotérisme

  • Dieu, Kyrios, Deus, Notre Père, Iahvé, Elohim, Adonaï, Jésus ou Allah ont indéniablement un « air de famille ». Cela ne veut pas dire qu'on puisse les traduire les uns dans les autres sans précaution ni qu'ils soient identiques comme le laissent entendre un peu vite ceux qui prônent la notion de « religions abrahamiques ». Il n'en demeure pas moins que ces trois religions se réfèrent à des Révélations. Elles nous recommandent de croire que Dieu s'est révélé lui-même, de diverses manières selon qu'on soit juif, chrétien ou musulman.
    Philippe Borgeaud insiste sur un point névralgique : pour l'historien ou l'anthropologue, l'islam, le christianisme, le judaïsme, le bouddhisme, l'animisme ou l'hindouisme n'existent pas en tant que tels, pas plus que les dieux auxquels on les associe. Il n'y a de religion que dans les paroles, les sentiments et les actes de ceux qui s'en proclament les acteurs ou les adversaires. Pour saisir cette divergence fondamentale, entre le sens commun et l'observation des sciences humaines, comparer les croyances entre elles est indispensable.
    Tout en interrogeant notre présent, posant la question de savoir si on peut encore « afficher de l'incroyance », Borgeaud analyse les systèmes de pensée religieuse. Dans ce livre, il nous propose de repenser les mythes et les récits fondateurs qui ont contribué à transformer des pratiques et des croyances ancestrales en « religions » modernes.

  • A l'aube de notre civilisation, on trouve une grande déesse préhistorique, Mère des dieux et des hommes. Psychanalystes, anthropologues et féministes se sont passionnés pour cette figure de mère archaïque, à l'origine, à l'origine des théories d'un matriarcat universel. Mais où se trouve donc, dans la documentation historique, la Mère des dieux ? S'agit-il d'une Déméter sauvage ou de Cybèle entourée de son cortège de prêtres eunuques ? Et la Vierge Marie est-elle l'héritière monothéiste de ces cultes polythéistes qui sont nés au confluent du vieil orient, de l'Anatolie et de la Grèce archaïque avant de se retrouver à Rome ?
    S'appuyant sur une documentation riche et cohérente, qui va du IIe millénaire au Ive siècle de l'ère chrétienne, Philippe Bourgeaud s'inscrit résolument dans une démarche historique. Montrant l'inanité des théories qui ont, depuis plus d'un siècle, crée une nébuleuse universelle emprisonnant la figure de la déesse archaïque, l'auteur restitue la Mère des dieux à sa pluralité archéologique.
    Entre richesse symbolique et rigueur historique, Borgeaud invite à repenser la complexité de la figure maternelle dans les sociétés anciennes aux origines de la chrétienté.

  • Dans la mythologie de l'Inde ancienne, le dieu Yama, fils du Soleil, est aussi le premier mort : il fait l'expérience de la mort pour reconnaître le chemin que les hommes, après leur trépas, emprunteront pour accéder à l'au-delà.
    Roi des ancêtres, préposé à la mort, juge des morts, yama fait connaître et impose aux hommes leur condition de mortels. Il est parmi les dieux celui qui veille sur les contraintes et les devoirs qui ordonnent la vie sociale et individuelle. A ce titre, son pouvoir (son "bâton") est le modèle du pouvoir royal ici-bas.
    Yama a une sœur jumelle, Yami. Bien qu'il se soit dérobé, par peur de l'inceste, à l'amour qu'elle lui offrait, elle le pleure quand il meurt, puis transforme sa douleur en deuil et crée des formes nouvelles de remémoration et de tendresse entre frères et sœurs.
    Dans ce livre, Charles Malamoud analyse les relations que la sagesse et les folies de l'Inde ont su déceler entre la mort, la loi, la répétition et l'écriture. Il met en perspective les rites et les mythes de l'Inde védique et brahmanique qui disent comment vivent les mortels, comment les générations se succèdent.

  • Que peut-on savoir aujourd'hui de la religion de l'Iran préislamique ?
    Zoroastre, longtemps considéré comme le Moïse de l'Iran antique, que
    les manuels présentent comme un prophète monothéiste et un réformateur
    religieux, a-t-il vraiment vécu et accompli son oeuvre au VIe siècle
    avant J.-C. ?

    Dans ce livre novateur, Jean Kellens propose une histoire des hypothèses
    échafaudées sur les origines du zoroastrisme. Sans détour, l'auteur nous
    dit que depuis longtemps il «sentait confusément que quelque chose ne
    tournait pas rond» au pays des historiens du zoroastrisme. Sceptique
    envers le modèle d'explication historique faisant de Zoroastre un vrai
    prophète qui a vraiment vécu ici ou là à tel ou tel moment, il va restituer
    Zoroastre à sa dimension mythologique. Autrement dit, si l'auteur
    refuse l'hypothèse des origines prophétiques du zoroastrisme, c'est pour
    mieux affirmer la créativité littéraire et spéculative des vieux textes
    zoroastriens.

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