• " Dans les camps, il y a ceux qui survivent et ceux qui ne survivent pas. Il y a ceux qui reviennent et ceux qui ne reviennent pas. Personne ne sait pourquoi. C'est quelque chose qui vient du ciel. Il y a des anges, forcément. Je le crois. J'ai toujours eu deux anges avec moi. Je les ai toujours. Pourquoi ? Pourquoi moi ? Peut-être parce qu'il fallait que je revienne. Il fallait que je dise ce que
    d'autres ne diraient pas, que j'écrive ce que personne n'écrirait. Je ne sais pas. Je n'y suis pour rien. "
    Quelques semaines avant de mourir, Marceline Loridan-Ivens, déportée à Auschwitz-Birkenau à quinze ans dans le même convoi que Simone Veil, s'est confiée à David Teboul et Isabelle Wekstein-Steg. Ceci est son dernier récit.

  • Elles sont trois sœurs : Madeleine, Denise et Simone Jacob, rescapées des camps de la mort. Madeleine, dite Milou, et Simone déportées avec leur mère Yvonne parce que juives à Auschwitz et à Bergen-Belsen ; Denise, à Ravensbrück. Rapatriées en mai 1945, Milou et Simone apprennent à Denise, déjà rentrée, que leur mère est morte d'épuisement. De leur père, André, et de leur frère Jean, elles espèrent des nouvelles. Déportés en Lituanie, ils ne reviendront jamais.
    Pour les sœurs Jacob, le retour est tragique. À la Libération, on fête les résistants, mais qui a envie d'écouter le récit des survivants ? Milou et Simone ne rencontrent qu'indifférence, incompréhension et gêne, alors elles se taisent. Mais, peu à peu, la vie reprend ses droits. Les jeunes femmes semblent heureuses quand, en 1952, Milou meurt dans un accident de voiture. Denise et Simone restent les deux seules survivantes d'une famille décimée. Plus que jamais inséparables.
    Dans ce récit poignant, Dominique Missika éclaire la jeunesse des filles Jacob, toutes trois si belles et si vaillantes, et raconte ce qui a souvent été tu : la difficulté de certains déportés à trouver une place dans la France de l'après-guerre. À partir de ses souvenirs personnels et d'archives inédites, l'auteure, qui a été proche de Simone Veil devenue une icône républicaine, et de Denise Vernay, combattante inlassable de la mémoire de la Résistance et de la déportation, dévoile ici un pan intime et méconnu de l'histoire de ces sœurs admirables.
    Dominique Missika est historienne. Elle a publié plusieurs ouvrages sur la France sous l'Occupation, dont L'Institutrice d'Izieu (Seuil, 2014).

  • " La guerre avait fauché une génération. Nous étions effondrés. Mon oncle et ma tante avaient beau être médecins, ils ne possédaient plus rien. Leur clientèle avait disparu. Leur maison avait été pillée. Leurs économies avaient fondu. Le lendemain de mon arrivée à Paris, comme ils n'avaient ni argent ni vêtements à m'offrir, c'est une voisine qui m'a secourue avec une robe et des sous-vêtements.
    Il régnait dans la maison une atmosphère de désolation.
    Il n'y avait plus le moindre meuble. Les miroirs avaient été volés, à part ceux qui étaient scellés aux murs et que les pillards n'avaient pas pu emporter.
    Je faisais ma toilette matinale devant un miroir brisé par une balle. Mon image y apparaissait fissurée, fragmentée.
    J'y voyais un symbole.
    Nous n'avions rien à quoi nous raccrocher. Ma soeur Milou était gravement malade, mon oncle et ma tante avaient perdu le goût de vivre. Nous faisions semblant de vouloir continuer. "

  • Le texte fondateur du gaullisme, présenté par le plus gaulliste de tous les politiques français.Le texte fondateur du gaullisme, présenté par le plus gaulliste de tous les politiques français. Publié en juillet 1932,
    Le Fil de l'épée est le premier livre d'envergure publié par le commandant Charles de Gaulle. OEuvre habitée, anticonformiste, politique et littéraire, elle est aussi " matrice d'un destin ". On y découvre les lignes de force d'une pensée déjà tournée vers l'action, hantée par la grandeur et la passion de la France.
    " Treize ans avant la catastrophe imprévisible, inimaginable à cette époque, ce jeune chef de trente-sept ans, d'avance sait ce qu'il fera et ce qu'il sera. "
    François Mauriac

  • " Trente-trois jours racontés avec impartialité qui nous donnent des Français de l'époque une vue très précise, très complète. Un chef-d'œuvre de reportage intelligent et personnel. " Les Échos
    Le 11 juin 1940, Léon Werth s'installe au volant de sa vieille Bugatti pour rallier, comme chaque été, Saint-Amour, dans le Jura. Habituellement, le trajet dure neuf heures. Mais en cette année fatidique, les Allemands sont aux portes de Paris ; ses habitants fuient et se retrouvent sur les routes, en même temps que des millions d'autres Français et de réfugiés : l'Exode a commencé. Les Werth mettront trente-trois jours pour arriver à destination.

    Cette nouvelle édition de
    33 jours comprend une préface inédite d'Antoine de Saint-Exupéry, des cartes, des photographies et une chronologie.

  • Pierre Birnbaum, le théoricien de l'État fort à la française dont il a dessiné l'idéal-type, universaliste et protecteur des minorités, est né en juillet 1940, à Lourdes, quelques jours après l'instauration du régime de Vichy, de parents juifs et étrangers, dans une famille persécutée puis traquée par " l'État français " et par l'Occupant. À l'âge de deux ans, il est confié à une famille de fermiers des Hautes-Pyrénées avec sa soeur à peine plus âgée. Enfant caché, il doit sa survie à des Justes alors que les hauts fonctionnaires du régime de Vichy collaborent à la chasse aux Juifs.
    Par un étrange déni, il ne s'était jusqu'ici jamais interrogé dans son travail sur cet " État français " qui a mobilisé tous les moyens pour les traquer, lui et sa famille. Il retrace, dans ce livre émouvant, les années de persécution de son enfance à partir d'archives
    saisissantes, tant locales que nationales, et se fait l'historien de sa propre histoire. Il pose surtout en des termes nouveaux, depuis le coeur de sa théorie, la question de la continuité entre la République et Vichy. L'État devenu " français " sous la houlette des droites extrêmes, est-ce encore l'État ?
    Cet ouvrage d'une force singulière ne manquera pas de susciter le débat sur un pan de notre histoire toujours disputé. Car, conclut Pierre Birnbaum, le fait que les hauts fonctionnaires passés au service de Vichy aient été si peu sanctionnés pour leurs responsabilités dans la persécution et la déportation des Juifs de France reste un héritage lourd à porter. Toutes les conséquences de la leçon de Vichy n'ont pas été tirées.
    Professeur émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Pierre Birnbaum est l'auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Les Fous de la République. Histoire politique des Juifs d'État, de Gambetta à Vichy (Fayard, 1992 ; Points Histoire, 1994), Léon Blum. Un portrait (Seuil, 2016 ; Points Histoire 2017) et Où va l'État ? (Seuil, 2018).

  • Un double panorama de l'armée française dont l'histoire est présentée du Moyen Age à la Première Guerre mondiale, puis, dans un texte méconnu, à travers son action au Levant entre 1917 et 1930.Après
    Le Fil de l'épée (1932) et Vers une armée de métier (1934),
    La France et son armée, publié en 1938, est le dernier volume d'une trilogie consacrée par de Gaulle à l'armée française en général. A travers une évocation en forme de fresque de l'histoire militaire des origines à la conclusion de la Grande Guerre, l'auteur retrace avec verve les grands épisodes guerriers de notre pays, tout en soulignant les problèmes d'organisation, de logistique, de tactique et de stratégie. Ces derniers aspects se retrouvent dans l'histoire particulière des troupes du Levant, publiée en 1931 après un séjour du commandant de Gaulle au Liban. Dans sa présentation substantielle, Hervé Gaymard souligne l'importance et la modernité de ces textes tout en offrant une vision sur la place actuelle de notre armée, à l'heure de notre engagement sur plusieurs champs d'opérations.

  • Lucien Rebatet est l'auteur d'un livre " maudit " qui fut le best-seller de l'Occupation, Les Décombres : six cents pages de violence et de colère, où il s'en prend à tous ceux qu'il tient pour responsables de la décomposition du pays. Rebatet fut un antisémite et un anticommuniste parmi les plus virulents. Mais il fut aussi antiparlementaire, antibourgeois, anticatholique. Bref, un intellectuel fasciste typique, qui partagea les rages et les phobies de toute une génération d'écrivains, sur laquelle ce Dossier fournit un document historique édifiant. Le texte des Décombres est ici livré au public dans son intégralité pour la première fois depuis 1942, accompagné d'un important appareil critique qui permet de le lire " en connaissance de cause ". L'autre intérêt de cette édition est un inédit de Rebatet qui constitue la suite des Décombres. Écrit en prison, à Clairvaux, ce récit des illusions perdues et des haines intactes nous plonge dans l'univers halluciné des partisans les plus acharnés de la collaboration. Peu courageux devant la justice qui le condamna à mort avant qu'on ne le graciât, sous la pression, entre autres, de Camus ou encore de Mauriac - qu'il avait injurié -, Rebatet n'est jamais sorti de son statut de paria. Il échoua à se faire reconnaître comme le grand écrivain qu'il aspirait à devenir. Mais l'ensemble de son oeuvre - dont Une histoire de la musique, qui figure déjà au catalogue " Bouquins " -, jusqu'à ses écrits les plus ignobles, témoigne d'une qualité d'écriture qui fut saluée, y compris par certains de ses adversaires les plus résolus. Fallait-il s'interdire de republier ses textes les plus sulfureux ? On peut croire que les rééditer ou les révéler, avec les éclaircissements indispensables, contribuera à les démythifier, tout en rappelant que le talent n'est pas incompatible avec la faute morale, voire le crime pénal. Pascal Ory

  • " Ce témoignage féroce de Léon Werth est à lire absolument. " Le Canard enchaîné

    Le procès du Maréchal Pétain se déroula du 23 juillet au 15 août 1945 : il avait 89 ans. La Haute Cour de Justice le condamna à la peine de mort, à l'indignité nationale et à la confiscation de ses biens. Le 17 août 1945, le général de Gaulle, président du gouvernement provisoire, commua la peine de mort en détention à perpétuité au fort du Portalet puis à l'Ile d'Yeu où Pétain mourut en 1951.

    En 1945, Léon Werth (1878-1955), fut l'envoyé spécial de la revue
    Résistance (journal créé à Paris à la fin de l'année 1942) pour couvrir ce procès, aux côtés de journalistes tels Joseph Kessel, Jean Schlumberger, Jules Roy, etc.

  • En 1941, Franz Stock, curé de la paroisse allemande à Paris, accepte de l'Occupant la mission de visiter les prisons françaises du Cherche-Midi, de Fresnes et de La Santé, à la condition de ne pas porter l'uniforme de la Wehrmacht. Un an plus tard, c'est

  • Arletty-Soehring : les liaisons dangereuses.Arletty a aimé. Et souffert d'une irrésistible passion.
    Quand, en mars 1941, dans la France occupée, elle fait, à presque 43 ans, la connaissance d'un officier de la Luftwaffe, Hans Jürgen Soehring, elle se sent " chipée ". Un euphémisme gouailleur dans la bouche de l'actrice la plus adulée et la mieux payée du cinéma français, dont les lettres insolentes, spirituelles et drôles, mais toujours d'une profonde gravité, font écho aux abîmes d'angoisse dévastateurs qu'elle traverse.
    Il a dix ans de moins qu'elle et s'installe bientôt sous son toit donnant sur la Seine. À la moindre séparation imposée par les circonstances, ils s'écrivent. En août 1943, leur correspondance prend une tournure encore plus passionnée. Le cours politique et militaire de l'Occupation s'accélère. Soehring est appelé sur le front italien. Ils s'envoient jusqu'à deux lettres par jour grâce à une cohorte de messagers du coeur, civils ou militaires, qui se démènent pour faciliter l'acheminement de colis et de mots enflammés.
    À travers leurs regards croisés sur la guerre, Arletty et Soehring se montrent des amants éperdus, hors du temps. La paix revenue, l'incandescence de leur amour reste vive, comme en témoignent ces échanges épistolaires inédits.

  • Pour la première fois, François Raveau, le plus jeune résistant déporté de France, témoigne et raconte aussi "l'après". Une voix singulière et lucide. Celle d'un homme exceptionnel devenu psychiatre, ethnologue... qui ne cesse de s'interroger sur l'Histoire.
    François Raveau a onze ans quand la guerre éclate. Très précoce intellectuellement, l'école ne lui convient pas. Dès 1940, il est engagé avec ses parents, protestants, dans des opérations de résistance, parfois meurtrières. En avril 1944, il est déporté à Neuengamme, puis Fallersleben et Wbbelin. Pour ce livre, il est retourné pour la première fois sur les lieux des camps et de sa résistance en Dordogne. Ce livre traite aussi de " l'après " : comment se passe le retour à la vie " normale ", pour autant qu'elle le soit ? Il se trouve que François Raveau a participé à nombre d'aventures, en France (du complot du Plan Bleu à Mai 1968), en Amérique Latine (chez des tribus reculées), en URSS ou en Asie. Il a soigné des rescapés des camps nazis et des camps d'Indochine. Il a été l'ami proche de Malraux, de Gracq, de Koestler, et le psychiatre de Sartre. Il dresse de ces derniers des portraits savoureux.

  • Ceux qui chantaient " Maréchal, nous voilà " ne se doutaient pas qu'ils entonnaient une mélodie écrite par un compositeur juif polonais, qui allait mourir en déportation à Auschwitz. L'histoire surprenante d'une mélodie à succès et de son auteur, dont l'auteur a reconstitué l'existence.
    "C'est vrai", "Paris sera toujours Paris", "Félicie aussi"... Durant les années 1920 et 1930, Casimir Oberfeld signe les musiques de certains des refrains les plus populaires de Mistinguett, Maurice Chevalier, Fernandel et Arletty. On lui doit aussi les thèmes de nombreuses revues de music-hall et d'une soixantaine de films (Le Schpountz, Fric-Frac...).Cruelle ironie de l'Histoire : en 1941, tandis que le compositeur est assigné à résidence à Uzerche, La Margoton du bataillon, son air d'opérette créé en 1933, est plagié et devient le refrain de " Maréchal, nous voilà ".Ceux qui entonnent alors l'hymne vichyste ignorent que la mélodie est celle d'un juif polonais interdit de toute activité officielle. Oberfeld mourra d'épuisement en déportation à 42 ans, lors de la "marche de la mort" précédant la libération du camp d'Auschwitz - dont il a été le pianiste en 1944.Jean-Pierre Guéno a reconstitué le parcours de ce compositeur oublié, au talent égal à celui d'un Maurice Yvain ou d'un Vincent Scotto, avec le concours de son fils Grégoire, dont il évoque aussi l'itinéraire singulier.

  • De l'Appel du 18 juin à "Paris libéré", les quinze plus grands discours de guerre du général de Gaulle, mis en lumière par Régis Debray.
    De l'Appel du 18 juin à "Paris libéré", les quinze plus grands discours de guerre du général de Gaulle, mis en lumière par Régis Debray."Le 17 juin 1940 disparaissait à Bordeaux le dernier gouvernement régulier de la France. L'équipe mixte du défaitisme et de la trahison s'emparait du pouvoir dans un pronunciamiento de panique. Une clique de politiciens tarés, d'affairistes sans honneur, de fonctionnaires arrivistes et de mauvais généraux se ruait à l'usurpation en même temps qu'à la servitude. Un vieillard de quatre-vingt-quatre ans, triste enveloppe d'une gloire passée, était hissé sur le pavois de la défaite pour endosser la capitulation et tromper le peuple stupéfait.
    Le lendemain naissait la France libre. "
    Voici son histoire, à travers quinze discours fondateurs prononcés par Charles de Gaulle, depuis l'Appel jusqu'au célèbre " Paris libéré ".
    On y retrouve le fil conducteur des anniversaires du 18 juin -chanson de geste de l'époque-, mais aussi des discours prophétiques où se dévoile le génie visionnaire du général. A Oxford, il s'inquiète des prémices de ce que quelques décennies plus tard on appellera " mondialisation ", tandis qu'à Brazzaville il pose la première pierre du processus de décolonisation.
    Dans un essai introductif qui fera date, Régis Debray dépeint la solitude du Connétable pour mieux saluer le geste et le style du " général Micro ", dont les discours -requiem d'un temps littéraire de la politique- ont permis à le France de " traverser ces soixante dernières années en première classe avec un ticket de seconde ".

  • Enfant, Alain Stanké a été le jouet des caprices de l Histoire. Né dans une famille lituanienne noble, catholique et aisée, il se retrouve du jour au lendemain, à l âge de cinq ans, face à un peloton d'exécution improvisé et témoin des pires tortures et atrocités (mongoles et allemandes). Avec une sobriété toujours empreinte d'humour, Alain Stanké raconte la misère, la faim, l'interminable voyage dans un train de la mort, l'horreur de la guerre et de la déportation, vue avec ses yeux d'enfant. Ce récit authentique, s'achevant en 1945, est écrit comme il a été vécu : avec les tripes, par un enfant de la guerre amputé de sa jeunesse. De ce roman paru au Québec en 1969 sous le titre J'aime encore mieux le jus de betteraves , étudié dans les écoles québécoises, Henry Miller a dit que c'est " le seul livre, en dehors du Journal d'Anne Franck, qui soit de la littérature de guerre exprimée avec la fraîcheur et la sensibilité de l'enfant. "

  • Henriette Levillain, professeur de littérature comparée, spécialiste de Saint-John Perse, et Philippe Levillain, professeur d'histoire contemporaine, membre de l'Institut universitaire de France, ont décrypté le Journal de Raymond de Sainte-Suzanne déposé aux archives du Quai d'Orsay. Ces notes prises au jour le jour confèrent une valeur et une saveur inestimables à ce document inédit. La personnalité d'Alexis Léger se dessine sous sa plume enthousiaste et sévère : une intelligence hors pair, un goût certain pour l'emprise qu'il exerce sur les politiques, Daladier notamment – ne lit-on pas ce mot de Léger : " Il y a autant de volupté à dominer un homme qu'à posséder une femme " –, en font un stratège fascinant et redoutable. De Sainte-Suzanne nous offre par ailleurs une vision de l'intérieur d'un lieu de pouvoir secret et mal connu du public qui joua un rôle fondamental dans l'approche de la Seconde Guerre mondiale. Saint-John Perse (prix Nobel 1960), à l'inverse de nombreux " écrivains diplomates ", tels Claudel, Morand ou Giraudoux, n'a rien écrit durant ses années de Quai. Comme s'il avait voulu dissocier Alexis Léger, haut fonctionnaire au service de la France, de Saint-John Perse, poète au service exclusif de la poésie. Ce témoignage lève une partie du voile sur des zones d'ombre de sa " carrière " que la publication des Œuvres Complètes en Pléiade, sous sa propre direction, n'avait pas élucidées.

  • Après le Carnet de route d'un gosse des tranchées, consacré à la guerre de 14-18, voici la suite des souvenirs de Léon-Antoine Dupré, dans un second volume calligraphié et illustré par ses soins, qui a cette fois pour cadre le début de la Seconde Guerre mondiale.
    Drôles d'histoires ? Oui, à double titre. D'une part, elles montrent à quel point la " drôle de guerre " mérite son nom : une guerre sans combat, au calme trompeur, jusqu'à ce que la France succombe sous l'invasion allemande. D'autre part, elles relatent les expériences peu ordinaires que l'auteur accumule onze mois durant : son séjour inénarrable à l'hôtel-Dieu de Saint-Malo, où, à la suite de la mobilisation de septembre 1939, il est affecté comme médecin auxiliaire ; le voyage épique qu'il accomplit en juin 1940, en pleine débâcle, pour fuir en zone libre ; les quatre semaines qu'il passe dans le Gers à attendre on ne sait quels ordres, puis l'audacieux retour vers les siens.
    Avec un talent de conteur indéniable et un humour qui, malgré les circonstances, ne cède jamais au défaitisme, Léon-Antoine Dupré nous livre ici un récit surprenant, enrichi d'anecdotes parfois irrésistibles, qui révèle maints aspects méconnus d'une époque singulière.

  • Une compilation culte des Mémoires de Charles de Gaulle, de retour aux affaires politiques (1958-1969).Une compilation culte des Mémoires de Charles de Gaulle, de retour aux affaires politiques (1958-1969).
    " Au mois de mai 1958, à la veille d'un déchirement désastreux de la nation et devant l'anéantissement du système prétendument responsable, de Gaulle, notoire à présent, mais n'ayant pour moyen que sa légitimité, doit prendre en charge le destin. "J'ai peu d'heures pour m'y décider." " Charles de Gaulle, Mémoires d'espoir, t. I, 1970. De même que le général de Gaulle avait écrit un compte rendu complet de son action entre 1940 et 1946 dans ses Mémoires de guerre, les Mémoires d'espoir devaient comprendre trois volumes couvrant son retour aux affaires politiques en 1958 :Le Renouveau 1958-1962L'Effort 1962-1965Le Terme 1966-1969. La mort en a interrompu la rédaction, alors que le Général venait d'achever les deux premiers chapitres du tome II.

  • Le dernier survivant du cabinet du Maréchal Pétain s'exprime enfin.Pourquoi, en novembre 1942, Pétain refuse-t-il de partir en Algérie ? Pourquoi, dès le début, le Maréchal croit-il à l'entrée en guerre des Américains et à leur victoire probable ? Pourquoi, finalement, accepte-t-il de cautionner par sa présence une politique qui s'enfonce tous les jours un peu plus dans la soumission ? Qui sont les hommes qui composent, au fil des ans, son entourage ? Et ceux qui, à l'intérieur du régime, vont aider et basculer dans la Résistance ? Et lui, Paul Racine, patriote laissé presque mort sur le champ de bataille lors de l'offensive allemande de juin 1940, animé par une hostilité constante à l'occupant, pourquoi a-t-il fait le choix de servir le maréchal Pétain ?
    Paul Racine entre en 1941 au secrétariat particulier du chef de l'État français. Il s'y occupe, entre autres, des prisonniers de guerre. Quatre années durant, il vivra au rythme des intrigues, des conflits, des soubresauts de Vichy. Il y partagera le quotidien de Pétain et y croisera toutes les figures de la collaboration, de Laval à Darlan. Il y rencontrera aussi, fait plus surprenant, de nombreux acteurs engagés dans la Résistance tels l'Alsacien Paul Dungler ou le colonel Groussard mais également des personnalités qui, comme François Mitterrand dont il instruira le dossier de francisque, marqueront la vie politique de l'après-guerre.
    Dans une atmosphère crépusculaire, il assistera, les armes à la main, au départ forcé de Pétain en août 1944. Paul Racine, aujourd'hui âgé de 100 ans, est le dernier témoin du cabinet du maréchal Pétain durant l'occupation nazie en France.

  • Le 10 juin 1944, 642 habitants d'Oradour-sur-Glane ont été massacrés par la division allemande Das Reich. Ces hommes fusillés, ces femmes et enfants brûlés vifs dans l'église sont devenus le symbole de la barbarie nazie sur le territoire français. On comprend que l'émotion ait longtemps pris le pas sur l'analyse historique. L'horreur ne saurait avoir de " raisons " d'être, mais les circonstances, parfois, la portent à son paroxysme. Or, de l'enlèvement de l'officier SS Helmut Kämpfe à la veille des exactions au procès de 1953 où les Malgré-Nous, Alsaciens enrôlés de force sous l'uniforme allemand, ont été jugés, des zones d'ombre demeurent.
    En s'appuyant sur des archives et des témoignages inédits - tels celui du fils du " bourreau d'Oradour " Adolf Diekmann et celui d'un Malgré-Nous qui s'exprime pour la première fois -, ce livre nous apporte de nouveaux éclairages. Fort de son expérience de reporter de guerre, Régis Le Sommier nous replonge dans le climat explosif du moment : la dérive finale d'une armée qui voit s'écrouler l'hitlérisme, et une Résistance galvanisée par l'annonce du débarquement des forces alliées.
    Les Mystères d'Oradour : 70 ans après les faits, ce document se révèle nécessaire, pour le deuil, pour la paix, et pour la réconciliation définitive entre la France et le Limousin, que ce drame a déchirés.


  • Le témoignage inédit d'un très jeune homme s'engageant dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale.
    Au-delà d'un document historique saisissant, la voix d'un homme remarquable.
    C'est à peine âgé de 16 ans que Jean-Daniel Fallery va se lancer dans une folle aventure. Voulant servir sa patrie contre l'oppresseur mais peu conscient des dangers qu'il va encourir, le jeune homme intègre secrètement le réseau " Comète ", un cercle de résistants très actif à Paris. Devenant expert dans l'art de voler et de fabriquer des faux papiers, Jean-Daniel Fallery doit cesser brutalement son activité lorsque la Gestapo démantèle leréseau auquel il appartient. Fuyant la France, il part se réfugier en Espagne. Malheureusement, il y est arrêté par la milice de Franco et emprisonné au camp de Miranda,
    Libéré grâce à l'intervention d'un haut commandant de la Résistance, Jean-Daniel Fallery rejoint le Maroc où il est formé militairement par les Américains. Malgré son jeune âge - il n'a pas encore 18 ans ! -, on lui confie au mois d'août 1944 le commandement d'une dangereuse mission de sabotage baptisée " Opération Virus ", qui favorisera le débarquement des Alliés en Provence.

  • Il y a 70 ans, les 16 et 17 juillet 1942, dans la capitale occupée, la police parisienne se livrait, sur ordre des nazis, à la plus grande rafle jamais organisée en France : plus de 12 000 Juifs, dont 4 000 enfants, étaient arrêtés dans le cadre de l'opération " Vent printanier ". Les célibataires et les familles sans enfants de moins de seize ans étaient aussitôt dirigés vers le camp de Drancy ; les autres étaient parqués au Vélodrome d'Hiver. Les conditions d'internement étaient effroyables. La soif, la faim, l';absence d'hygiène. La plupart de ces malheureux mourront à Auschwitz. Le 16 juillet 1995, dans un discours historique, reproduit dans le livre, Jacques Chirac dira : " La France, ce jour-là, accomplissait l'irréparable. "Ce livre inclut les témoignages inédits de survivants de la rafle - la plupart étaient enfants à l'époque - ainsi que des photographies d'eux et de leurs familles détruites. Il présente également une chronologie détaillée des mesures antisémites prises par Hitler à partir de 1933, et par le gouvernement de Vichy, à partir de 1940.


  • À la veille de la commémoration de l'appel du 18 juin 1940, Georges-Marc Benamou nous donne une suite à C'était un temps déraisonnable.
    Avec la sensibilité qu'on lui connaît, Georges-Marc Benamou a repris son flambeau et est allé de nouveau à la rencontre des premiers résistants : ils racontent leur combat, leurs rapports avec de Gaulle, leurs ambitions, leurs rivalités, leurs peines. L'auteur a voulu ici mettre au jour les ressorts intimes de leur engagement. Qui sont ces hommes et ces femmes partis dès juin 1940 pour Londres, ou qui tout de suite ont voulu " faire quelque chose " contre Vichy et l'Occupant ? En juin 1940, le mot " résistance " n'existe pas. Pourquoi eux et pas les autres ?
    L'auteur a réussi à convaincre celles et ceux qui n'avaient pas ou peu témoigné, les derniers Compagnons de la Libération, des femmes comme Tereska Torrès ou Josette Gros, engagées dans les Forces françaises libres. Il y a, entre autres, Jean-Louis Crémieux-Brilhac, qui décrit sa mission auprès du général de Gaulle à Londres ou François Jacob, qui explique son combat en Lybie et en Tunisie. On découvre aussi le rôle des habitants de l'île de Sein ou le témoignage du fils de Pierre Brossolette. Grâce à son talent d'enquêteur, Georges-Marc Benamou a su trouver des documents inédits et on lui a aussi confié des lettres et des journaux intimes. Il en donne de courts extraits qui rythment la succession de témoignages. Daniel Cordier, ancien secrétaire de Jean Moulin, qui vient de publier ses souvenirs, lui a accordé un entretien exceptionnel. C'est enfin une recherche nourrie d'expériences personnelles. En toile de fond, il y a en effet le propre passé de l'auteur, sa fréquentation de Mitterrand au moment de la polémique Vichy, et celle de Sarkozy au moment de la polémique Guy Môquet.
    Un voyage singulier dans le passé, qui remonte aux sources de ceux qui ont dit non en 1940.

  • Journal de guerre

    Benoit Cadieux

    Ce Journal de guerre est un document exceptionnel. C'est la compilation de notes prises sur le terrain, au jour le jour, par un officier d'artillerie qui a participé à la campagne de libération de l'Europe de l'Ouest, de juin 1944 à juillet 1945. Il rend compte de la guerre vécue à hauteur d'homme, en Normandie d'abord où il arrive une semaine après le Débarquement, puis en Belgique, aux Pays-Bas et en Allemagne. Il témoigne des combats, des bombardements, il décrit les villes et villages ravagés par la guerre, l'accueil des populations libérées, il raconte ses permissions où il fait du tourisme à Paris ou à Bruxelles. Et, à travers cela, il présente le quotidien moins glorieux des militaires, les campements plus ou moins confortables, les journées harassantes et les loisirs occasionnels. La guerre comme si vous y étiez, avec ses angoisses, ses exaltations, son ennui.

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