• « Plongés dans ce continent mental de la Pandémie, qui entrave la critique et qui tue le réveil des aspirations démocratiques, nos esprits sont comme occupés. »

    La conviction qui nous anime en prenant aujourd'hui la parole, c'est que plutôt que de se taire par peur d'ajouter des polémiques à la confusion, le devoir des milieux universitaires et académiques est de rendre à nouveau possible la discussion scientifique et de la publier dans l'espace public, seule voie pour retisser un lien de confiance entre le savoir et les citoyens, lui-même indispensable à la survie de nos démocraties. La stratégie de l'omerta n'est pas la bonne. Notre conviction est au contraire que le sort de la démocratie dépendra très largement des forces de résistance du monde savant et de sa capacité à se faire entendre dans les débats politiques cruciaux qui vont devoir se mener, dans les mois et les années qui viennent, autour de la santé et de l'avenir du vivant.

  • L'An 2020, marqué par la Covid-19 et l'effondrement du marché pétrolier, est celui de tous les bouleversements depuis le Moyen- Orient jusqu'aux banlieues de l'Europe.
    Le conflit israélo-palestinien se fragmente avec, d'un côté, un pacte portant le nom du prophète Abraham, qui va des États-Unis à Abou Dhabi au Maroc et au Soudan en passant par Israël, agrège l'Égypte et l'Arabie, et lorgne l'Irak ; de l'autre « l'axe fréro-chiite » qui rassemble Gaza, Qatar, Turquie et Iran, avec le soutien ponctuel de la Russie.
    Dans ces convulsions sismiques, Beyrouth explose, réfugiés et clandestins affluent en Europe, et le président turc Erdogan tente de refaire d'Istanbul le centre de l'islam mondial.
    Enfin, le terrorisme frappe de nouveau, en France et en Autriche, au nom d'un jihadisme sans organisation. Il s'appuie sur une atmosphère créée par des entrepreneurs de colère, mobilisant foules et réseaux sociaux du monde musulman pour venger leur prophète face à l'Occident - tandis que Joe Biden doit restaurer la confiance des alliés de l'Amérique.

    Poursuivant la réflexion engagée dans Sortir du chaos, succès français et international, Gilles Kepel propose, cartes et chronologie à l'appui, la mise en perspective indispensable de l'actualité pour comprendre et anticiper les grandes transformations de demain.

  • Le 23 juin 2016, à la stupeur générale, les Britanniques choisissent de quitter l'Union européenne. Pourquoi cette rupture inédite et déjouant tous les pronostics ? Comment organiser ce divorce ? Quelle nouvelle relation bâtir entre le Royaume-Uni et l'Union ?
    Dès le début des discussions, Michel Barnier, négociateur en chef du Brexit, a recherché l'unité des vingt-sept États membres et du Parlement européen.
    Nous voici pour la première fois au coeur d'une négociation complexe et historique de mille six cents jours, oscillant sans cesse entre consensus et crispations, espoirs et doutes, transparence et mensonge, pour aboutir à un accord inespéré qui modifiera durablement le visage de l'Europe.
    De Bruxelles à Londres, de Dublin à Nicosie, ce journal nous entraîne dans les coulisses d'un théâtre diplomatique où se joua parfois une véritable guerre des nerfs.
    Un témoignage exceptionnel sur l'envers du Brexit, sur l'Europe et sur celles et ceux qui la font.

  • « Jamais je n'ai eu autant besoin de connaître l'opinion de mes concitoyennes et concitoyens. Jamais je n'ai eu autant besoin de partager avec eux mes interrogations. Sur les attentats, leurs causes, leurs motivations. Sur les caricatures de Mahomet, aussi, disons-le franchement. »

    L'Innombrable, c'est celui qui ne profite pas de la fameuse liberté d'expression devenue la valeur majeure de la République. C'est celui à qui elle ne s'applique pas. Qui porte un invisible bâillon. Un des noms de ce bâillon est : légitimité. C'est très compliqué, cette question de l'accès à la parole, orale, écrite. De se sentir légitime, ou interdit. Qui la donne, la légitimité ? Et comment vit-on l'illégitimité ? La vraie inégalité est là. Entre ceux qui ont un accès à la parole et ceux qui ne l'ont pas.

  • Des Etats-Unis à la France en passant par l'Italie et le Royaume-Uni, partout les cadeaux fiscaux en faveur des plus riches se multiplient au même rythme que les coupes budgétaires pour les plus pauvres. Une minorité d'individus, s'accaparant déjà une importante partie des richesses, semble tout mettre en oeuvre pour en récupérer encore plus. De l'autre côté, la majorité de la population subit la dégradation des services publics, les fins de mois difficiles, la précarité et le manque d'espérance.
    Des gilets jaunes aux banlieusards en passant par les cadres et les agriculteurs, cette majorité délaissée est multiple, et sa division est largement instrumentalisée par la minorité dominante et les partis politiques qui veulent s'assurer une base électorale. La lutte des classes a laissé place à une lutte entre pauvres. Et le système, intrinsèquement inégalitaire et destructeur pour la planète, ne tient qu'à ces dissensions.
    Pour sortir de l'impasse, il faut que les différentes catégories que forment « les délaissés » se constituent en une classe majoritaire à même de soutenir une lutte commune : celle d'en finir avec le modèle économique actuel pour proposer un autre projet répondant aux urgences sociale et écologique.
     
    Membre des économistes atterrés, docteur en économie de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Thomas Porcher est professeur associé à la Paris School of Business. Il est l'auteur de plusieurs ouvrages et de publications dans des revues académiques internationales. Son dernier livre, Traité d'économie hérétique (Fayard, 2018), s'est écoulé à plus de 50 000 exemplaires.

  • En juillet 1846, Henry David Thoreau est emprisonné pour avoir refusé de payer un impôt à l'État américain, en signe d'opposition à l'esclavage et à la guerre contre le Mexique. Cette expérience sera à l'origine de cet essai paru en 1849 et qui fonde le concept de désobéissance civile. Ce texte influença Gandhi, Martin Luther King ou Nelson Mandela et il ne cesse d'inspirer philosophes et politiciens depuis plus de 150 ans.

  • « Personne d'autre que le citoyen libre n'a qualité pour juger de l'emploi qu'il fait de sa liberté, sauf à voir celle-ci disparaître. Ainsi la loi ne peut-elle permettre à l'État de restreindre abusivement la liberté d'aller et venir, de manifester, de faire connaître une opinion, de s'informer, de penser pour finir. » François Sureau

    Lorsque Chateaubriand déclare que « sans la liberté il n'y a rien dans le monde », ce n'est pas seulement un propos de littérateur. Il exprime cette vérité trop souvent oubliée que « sans la liberté », il n'y a pas de société politique, seulement le néant de ces individus isolés auquel l'État, porté à l'autoritarisme et à l'ordre moral, a cessé d'appartenir. Tel est bien le danger de la démocratie moderne que François Sureau s'emploie ici à désigner tant dans nos moeurs sociales que dans notre vie politique et, sans concession, à la lumière
    de nos responsabilités individuelles et collectives. L'homme est voué à la liberté ; il lui revient continûment, avec « patience et souffle », d'en reformuler le projet politique et de n'y rien céder.

  • La France est meurtrie par le terrorisme. Mais il y a plus grave : elle est en train de perdre son identité. Si l'on ne fait rien, selon Philippe de Villiers, la voix du muezzin couvrira le son des cloches de nos terroirs. L'auteur a eu accès à de nombreuses informations qu'il divulgue ici pour que les Français sachent et prennent conscience de l'extrême gravité de la situation. à travers une mise en perspective vertigineuse, il rappelle comment, depuis les années 1980, notre pays a été lentement mais surement « islamisé ». Rien n'a été fait pour répondre aux vagues migratoires et au plan secret de l'Europe. Pire, ce projet d'un « Eurislam », révélé ici au grand jour, a été encouragé par les élites françaises. Il faut renouer avec notre pays. Philippe de Villiers propose d'inventer un nouveau roman national qui soit un roman d'amour. Pour que chaque Français puisse partir dans la vie avec un bagage imaginaire qui porte ses rêves.

  • Kamala Harris

    Dan Morain

    LA BIOGRAPHIE DE LA PREMIÈRE VICE-PRÉSIDENTE
    DE L'HISTOIRE DES ÉTATS-UNIS
     
    « Toute sa vie, Harris a fait sienne l'habitude de dépasser les espérances. Ce livre suggère qu'elle saura le faire également en tant que vice-présidente - et qu'un jour elle pourrait être la première femme mais aussi la première personne noire et d'origine asiatique à devenir Présidente des États-Unis. »  The Guardian
     
    Dan Morain, reporter au  Los Angeles Times, nous raconte comment cette enfant d'immigrés, née en Californie au temps de la ségrégation, est devenue l'une des actrices majeures du pouvoir américain.
    Son récit nous plonge au coeur des années que Kamala Harris a passées en tant que procureure générale de Californie, explore son soutien téméraire à un Barack Obama encore peu connu, et montre comme elle a su jouer des coudes pour accéder au Sénat.
     
    Il analyse également son échec à devenir candidate pour la présidence, et les coulisses de sa campagne de vice-présidente.
     
    Tout au long de son récit, Dan Morain nous dépeint le portrait de sa famille, nous révèle ses valeurs et ses priorités, tout comme ses faux pas, ses prises de risques et l'audace dont elle a fait preuve lors de son ascension.
     

  • Quel sera la monde d'après ?
    Le monde d'avant disparaît, c'est une certitude et un impératif. Comment préparer l'après, pour imaginer un monde meilleur ?La pandémie du Covid-19 et le confinement ont amorcé un grand basculement à l'échelle mondiale. En six mois, nos modes de vie ont radicalement changé, sans retour en arrière possible. Et c'est tant mieux, car il y a urgence pour la planète : notre système économique est obsolète face à une démographie galopante et au dérèglement climatique.À cette situation inédite s'ajoutent des mouvements de fond, qui transforment aussi la face du monde ; notamment la recomposition des relations internationales, avec la montée en puissance de la Chine - et plus largement de l'Asie -, et les promesses de l'Afrique.Fort heureusement, l'écologie et le développement durable sont compatibles avec la croissance. Les dettes peuvent être remboursées autrement que par la faillite, l'impôt et l'inflation. La science s'est remise en marche et invite à toutes les ruptures pour que naisse un autre modèle, dont la crise sanitaire a esquissé les grandes lignes.Dans cet essai résolument optimiste et enthousiaste, Philippe Dessertine donne les clés de compréhension de ces bouleversements inédits.

  • « Être patriote, en ce moment charnière, demande du courage et de l'imagination. Notre démocratie est en haillons, nos procédures de vote sont cassées, notre langage abîmé, notre discours politique réduit à des cris de haine. On ne pourra même pas dire, comme Sartre jadis, "Jamais nous n'avons été aussi libres que sous l'Occupation". Au contraire, jamais il n'a paru si terriblement difficile de résister. Nous, Américains, ne pouvons plus nous cacher derrière l'illusion d'être une démocratie par essence ou par prédestination. La démocratie, cela se mérite. » Alice Kaplan

  • Aujourd'hui, en France, moins d'un tiers des fonctionnaires de la
    DGSE sont des femmes, le plus souvent cantonnées à des postes
    administratifs de catégories B ou C. Chloé Aeberhard s'est demandé
    pourquoi. Pourquoi sont-elles à ce point sous-représentées alors
    qu'on s'évertue à dire que les femmes ont «plus d'intuition que les
    hommes», «un don exceptionnel du détail» et une aptitude à «mettre
    leur ego de côté pour atteindre un objectif»? Pendant cinq ans, Chloé
    Aeberhard a parcouru le monde, de Paris à Washington en passant par
    Moscou et Tel-Aviv, à la recherche d'anciennes espionnes des services
    de renseignements engagés dans la guerre froide. Elle a fait la
    rencontre de Geneviève, Martha, Jonna, Gabriele, Ludmilaet Yola. Loin
    du cliché tenace de la James Bond girl ou de la Mata Hari, chacune a
    joué un rôle décisif. La guerre froide est omniprésente, et
    l'ambiance peut vite basculer: du Bureau des légendes à La vie des
    autresou d'007 à The Americans!

  • "À compter du 16 mai 2007, j'étais seul. Bien sûr,il y avait le peuple français, mais sa force collective ne s'exprime pas dans le quotidien des décisions à prendre, ou des nominations à effectuer. J'avais une équipe, des conseillers, des amis, des visiteurs du soir, mais j'étais seul à prendre et àassumer la décision finale. C'est le premier sentiment qui m'a envahi après avoir avoir raccompagné Jacques Chirac à sa voiture et être remonté dans le bureau présidentiel qui était devenu le mien pour les cinq cinq années à venir. Je l'avais voulu, espéré, rêvé. Maintenant j'y étais. Comment ne pas décevoir tous les Français qui venaient de me faire confiance ? Qu'est ce qui m'attendait ? J'ai fermé les yeux. Tout d'un coup,la gravité et, surtout, la solitude propre à la fonction me tombaient sur les épaules. C'était plus brutal que je ne l'avais imaginé. Soudain, mon passé avait disparu comme s'il n'avait jamais existé, seuls comptaient désormais le présent et l'avenir.
    C'était vertigineux, tellement fort que cela ne provoquait bizarrement aucune excitation intérieure. J'étais tout à la fois fois calme et parfaitement conscient d'être au bord d'un précipice."

  • " Le monde entier doit apprendre ce qui se passe dans les camps et connaître les réelles intentions de la Chine. "
    Entre 2013 et 2014, une série d'attentats fait trembler la Chine. En réaction, le gouvernement installe des camps d'internement dans la province du Xinjiang, au nord-ouest du pays. Les minorités ouïgoures et kazakhes de confession musulmane sont les premières visées. Si les preuves de leur persécution sont accablantes, Pékin continue d'évoquer de simples " programmes de formation professionnelle" auxquels les " élèves " participent " librement ". En
    2017, Sayragul Sauytbay, alors directrice d'école, se trouve à son tour prise dans l'enfer de la répression chinoise. Quand son mari, d'origine kazakhe lui aussi, et leurs deux enfants quittent
    /> le pays, elle subit plusieurs interrogatoires avant d'être envoyée dans l'un de ces " centres de transformation par l'éducation ".
    Elle est sommée d'y enseigner la langue, la culture et l'idéologie politique chinoises aux autres détenus - du matin au soir. Ce rôle lui donne accès à des données sensibles dévoilant la patiente
    stratégie chinoise de fragilisation des démocraties occidentales pour mieux, un jour, les renverser. Dans le camp, les conditions de vie sont inhumaines : lavage de cerveau, torture et viol y sont
    monnaie courante, quand la prise forcée de médicaments sert à abrutir ou empoisonner les détenus. Chaque nuit, il leur faut se tenir dos au mur, bras levés, pour avouer leurs " péchés ".
    Contre toute attente, Sayragul Sauytbay est libérée en 2018,
    avant d'être de nouveau menacée d'internement, en tant que prisonnière cette fois-ci. Elle fuit alors au Kazakhstan.
    Désormais réfugiée en Suède, elle continue son combat contre les manoeuvres diplomatiques de la Chine en généreux investissements, afin de créer une dépendance chez les pays financés.
    L'ambition ? Assujettir un jour le monde libre. Le modèle ? Le Xinjiang, placé sous le joug d'un État policier, fruit d'un totalitarisme sans précédent.

  • La chute du Mur a laissé les gauches européennes en plein désarroi. Sur le champ de bataille des idées, le progrès, la liberté et l'universel ont cédé la place à une nouvelle triade directement importée des USA : le genre, l'identité et la race.
    On se battait hier au nom du prolétariat, du Tiers-monde et des damnés de la terre ; on condamne aujourd'hui l'homme blanc, coupable du colonialisme, de l'esclavage et de la domination des femmes. Trois discours - néo-féministe, antiraciste et décolonial - le désignent comme l'ennemi commun de l'humanité. Il est devenu le nouveau Satan, celui que son anatomie même désigne comme violeur ontologique, sa couleur de peau comme raciste,   sa puissance comme  exploiteur de tous les « dominés » et   « racisés ».
    Tout l'enjeu de cet essai est  d'analyser comment, sous l'impulsion d'une américanisation caricaturale de l'Europe, la lutte des genres et celle des races sont en train de remplacer la lutte des classes, de balayer la méritocratie et de détruire l'idée d'humanité commune. Faire de l'homme blanc le bouc émissaire par excellence, ce n'est jamais que remplacer un racisme par un autre ; avec, comme horizon funeste, des sociétés tribalisées, crispées sur leur trésor identitaire et en proie à la guerre de tous contre tous.

  • Comment, dans un paysage politique en ruines, reconstituer la vérité des faits ? La réponse d'Eyal Weizman tient en une formule-programme: " l'architecture forensique ". Approche novatrice au carrefour de plusieurs disciplines, cette sorte d'architecture se soucie moins de construire des bâtiments que d'analyser des traces que porte le bâti afin de rétablir des vérités menacées. Impacts de balles, trous de missiles, ombres projetées sur les murs de corps annihilés par le souffle d'une explosion : l'architecture forensique consiste à faire parler ces indices.
    Si elle mobilise à cette fin des techniques en partie héritées de la médecine légale et de la police scientifique, c'est en les retournant contre la violence d'État, ses dénis et ses "
    fake news ". Il s'agit donc d'une " contre-forensique " qui tente de se réapproprier les moyens de la preuve dans un contexte d'inégalité structurelle d'accès aux moyens de la manifestation de la vérité.
    Au fil des pages, cet ouvrage illustré offre un panorama saisissant des champs d'application de cette démarche, depuis le cas des frappes de drone au Pakistan, en Afghanistan et à Gaza, jusqu'à celui de la prison secrète de Saidnaya en Syrie, en passant par le camp de Staro Sajmište, dans la région de Belgrade.

  • L'infantilisation est de tous les partis.Depuis des décennies, c'est elle qui nous dirige.Face à la pandémie, la France a, jusqu'à l'absurde, rivalisé d'imagination bureaucratique.
    " Pour notre Bien ", l'Etat nounou provoque une èvre maternante, hygiéniste et centralisatrice.
    Elle révèle un mal préexistant : notre infantilisation croissante, de plus en plus consentie. Comme
    un chemin de servitude.
    L'infantilisation est un poison lent. A trop abandonner nos libertés, nous désapprenons la liberté. A la levée d'écrou, il nous faudra quitter les jupes en fer de
    Big Nanny. Avant qu'il ne soit trop tard.
    Infantilisation o„ffre de penser ce phénomène et livre des anticorps précieux pour nous en arracher.

  • FABRICATION DES ÉLITES : UN SCANDALE DÉMOCRATIQUE

    « La République ne vous appartient pas. » Le 9 décembre 2019 Juan Branco ouvre par ces mots son discours dans l'amphithéâtre d'honneur de Polytechnique. Face aux étudiants de la plus prestigieuse école du pays, il se livre à une leçon magistrale sur le dévoiement du système qui vient de les consacrer et donne les clés pour comprendre les finalités d'un système éducatif où les écoles du soi-disant mérite sont créées pour reproduire une logique de domination au profit de quelques-uns. Son appel au sursaut est un plaidoyer pour une idée de la République, abandonnée par leurs aînés.

    Suivi des échanges avec les étudiants, un discours qui s'adresse à tous les Français et fera date sur un système de sélection dont ils sont avant tout victimes.

  • Crise de l'euro, crise migratoire, Brexit, et maintenant Covid-19... Depuis une décennie, l'Europe est en crise permanente et suscite des réactions contradictoires : rejet des interventions touchant à la souveraineté nationale, mais demande urgente de solidarité sans condition.
    La réponse de l'Europe se joue en trois temps. Elle déçoit d'abord : son intervention est tardive et inadaptée. Mais après ce temps de retard, la machine communautaire se réveille et l'action prend de la consistance. Enfin, l'Union franchit les lignes jaunes et, comme surprise par son audace, se prend à s'imaginer en puissance à l'égal de la Chine ou des États-Unis.
    Cette valse à trois temps est au coeur de ce livre, avec sa dramaturgie et ses personnages-types. Elle laisse aussi percevoir les craquements du monde ancien qui avait sacralisé la règle.
    Ni Léviathan supranational, ni syndic des nations, le projet européen se révèle dans l'épreuve lorsque l'Europe passe au politique, c'est-à-dire à la décision. C'est cette souveraineté partagée qui lui permettra d'apporter une réponse politique à un monde discordant, habité de nouveaux rapports de force.
    Élie Cohen est directeur de recherche émérite au CNRS. Auteur de plusieurs ouvrages sur la mondialisation, il est considéré aujourd'hui comme l'un des meilleurs économistes français.
    Richard Robert est l'éditeur du think tank Telos et enseigne à l'Institut d'études politiques de Paris.

  • C'est de l'intérieur que François Cornut-Gentille, député de la Haute-Marne depuis plus de vingt ans, a vécu ce qu'il appelle « la mystérieuse disparition de la force de gouverner ». Il dresse un tableau saisissant de cette impuissance croissante des gouvernements successifs à répondre aux problèmes du pays.
    La raison fondamentale en est l'impossibilité de s'appuyer sur des diagnostics pertinents et approfondis, montre-t-il. Qu'il s'agisse de l'état réel du système éducatif ou du système sanitaire, de la situation des prisons, des réalités de l'immigration, l'État est aveugle. Il multiplie les gesticulations sous forme de lois d'annonce sans prise sur les questions qu'il prétend traiter.
    La conclusion s'impose : l'organisation institutionnelle actuelle ne permet pas de sortir de cette impasse. Il faut concevoir de nouvelles institutions pour y remédier. François Cornut-Gentille propose dans cet esprit l'établissement d'une assemblée qui serait chargée exclusivement de cette fonction de diagnostic, à charge pour le Parlement et l'exécutif de définir et de mettre en oeuvre les solutions.
    À l'heure d'une élection présidentielle qui s'annonce chargée d'incertitudes, cet essai vigoureux constitue une contribution éclairée et constructive au débat public.
    François Cornut-Gentille est l'auteur de

  • À la banalisation intellectuelle d'un discours semblable à celui qui, jadis, affirmait l'existence d'un " problème juif " en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. Ce texte engagé, fort, courageux signé par l'une des grandes voix de la presse française, paraît en poche un an après les attentats de janvier 2015. ""Il y a un problème de l'islam en France', n'hésite pas à proclamer un académicien, regrettant même "que l'on abandonne ce souci de civilisation au Front national'. À cette banalisation intellectuelle d'un discours semblable à celui qui, avant la catastrophe européenne, affirmait l'existence d'un "problème juif' en France, ce livre répond en prenant le parti de nos compatriotes d'origine, de culture ou de croyance musulmanes contre ceux qui les érigent en boucs émissaires de nos inquiétudes et de nos incertitudes. L'enjeu n'est pas seulement de solidarité mais de fidélité. Pour les musulmans donc, comme l'on écrirait pour les juifs, pour les Noirs et pour les Roms, ou, tout simplement, pour la France. " Edwy Plenel

  • Je suis un enfant du mouvement des droits civiques.
     
    L'accès aux soins alors que les hôpitaux de campagne disparaissent. Les fins de mois à boucler quand les usines ferment et délocalisent. La nécessité de maintenir vivantes les traditions dans des villes rongées par la pauvreté. Celle de tracer sa route sans céder au désespoir.
     
    Ces problématiques sont celles des «  oubliés  » de la société américaine, ces femmes et hommes noirs, pauvres et ruraux des États du Sud.
    Pour Bakari Sellers, avocat et homme politique, il s'agit des membres de sa famille. De ses voisins. De ses amis.
     
    Marchant sur les traces de son père, héros de la lutte pour les droits civiques proche de Stokely Carmichael et de Martin Luther King, Sellers relate dans ce récit personnel, engagé et puissant la fierté et la souffrance qui caractérisent le quotidien d'une communauté laissée pour compte.
     
    Une chronique salutaire sur la société américaine d'aujourd'hui.
    «  Le livre de Bakari Sellers est nécessaire. Dans ce récit captivant, l'auteur raconte la résilience des habitants de Caroline du Sud et tire la sonnette d'alarme, dénonçant les politiques dangereuses menées dans cet Etat.  »
    Hillary Clinton
    «  Une voix forte qui plaide pour une justice sociale.  »
    Kirkus Reviews

  • Libres et égaux en voix

    Julia Cagé

    • Fayard
    • 30 Septembre 2020

    La démocratie n'existe pas. Elle reste à inventer.
    Loin d'être un refus de la politique, la crise actuelle de la démocratie représentative se manifeste par le combat de citoyens demandant davantage de démocratie, de participation et d'égalité. 
    Libres et égaux en voix propose ainsi de donner une voix et des places à celles et ceux qui en ont été trop longtemps privés  : les femmes, les classes populaires, les minorités. D'abord en repensant notre système électoral et en garantissant la représentation parmi les parlementaires de la réalité de la société. Ensuite en proposant un nouvel équilibre entre la démocratie représentative et un usage raisonné du référendum. Enfin en donnant aux citoyens les moyens de reprendre le contrôle des partis, des médias et de la philanthropie, afin de dessiner un nouvel horizon politique égalitaire.
    En tant que chercheuse et citoyenne, Julia Cagé renouvelle en profondeur la réflexion sur l'égalité politique dans un plaidoyer armé de propositions concrètes pour changer les règles du jeu politique.  Nous pouvons faire mieux que le monde dans lequel nous vivons  ; fini de rêver, voici venu le temps d'agir  !
     
     
    Professeure d'économie à Sciences Po Paris, Julia Cagé est l'autrice de Sauver les médias (Seuil, 2015) et Le prix de la démocratie (Fayard, 2018), qui a reçu le prix Pétrarque de l'essai Le Monde/France Culture.

  • « Comment et pourquoi un populiste sans pitié, avec l'aide d'une bande de sympathisants toujours plus nombreux, a pu mettre fin à la démocratie turque au cours de la nuit du 15 juillet 2016, est une histoire longue et compliquée. Le propos de ce livre n'est pas de raconter comment nous avons perdu notre statut de démocratie, mais d'essayer d'en tirer des leçons au profit du reste du monde. »
      E. T.
    Dans ce livre vivant, passionné et provocateur, Ece Temelkuran dissèque la montée du populisme à l'international. Elle révèle les schémas, explore les causes profondes et les différentes façons dont les pays, même les nôtres, peuvent sortir de la démocratie sans s'en apercevoir.

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